02 / 09 / 08

La famille Parker, le père, la mère et leur fils de 12 ans, habite la banlieue désertique de Las Vegas. Lui est ouvrier, elle serveuse, et l’argent manque. C’est désormais raisonnablement qu’ils tentent encore d’empocher le jackpot au casino, car l’autoritaire Tracy (la mère) veille à ce que sa famille mène une vie saine. Résignée ou sage, elle se contente de ce qu’elle a, cultive fleurs et tomates dans le petit jardin qui entoure la maison de tôle. Un jour, un inconnu apprend aux Parker que dans ce jardin est cachée la valise remplie d’argent de célèbres voleurs. La nouvelle déclenche d’abord un affrontement entre la mère et le père, la raison et la croyance aux miracles, avant que cette dernière ne gagne toute la famille. Commencent alors, et ce jusqu’à la fin, des fouilles qui iront crescendo : père, mère et fils s’adonnent avec fureur à leur obsession, la rechercher du trésor, et détruisent leur jardin et leur maison. Si la mère finit par se rendre à l’évidence (un policier leur apprenant qu’ils sont victimes d’un pari « jusqu’où sont capables d’aller les gens ? »), le père s’enfonce dans sa folie jusqu’à la destruction totale, de l’habitat et de la famille. L’histoire de Vegas, tirée d’un fait réel, est assez effrayante. L’un des intérêts du film est de rendre compte de la destruction de la famille essentiellement via l’évolution du décor que sont maison et jardin, précaires mais proprêts au départ, ruines tragiques à la fin. Les personnages existent par leur intrication dans ces lieux, la façon dont ils les investissent renvoyant à celle dont ils appréhendent leur mode de vie (trop étroit pour le père, suffisant pour la mère). Les dialogues sont assez rares, c’est davantage par la durée des plans et le juste jeu des acteurs que l’on comprend ce qui habite les personnages. Naderi s’en tient à cette chasse au trésor : presque aucun personnage secondaire, aucune sortie de l’espace insulaire maison-jardin, peu d’explication sur ce que voulait l’homme à l’origine du drame, pas de résolution. Cette épure rend plus fort le désastre final. La longueur des scènes de fouilles est cependant responsable d’un essoufflement du film, qui aurait gagné en force en durant moins longtemps.

Marion Pasquier