29/08

Liberdade est un quartier de Sao Paulo où se croisent toutes sortes de communautés, notamment celle nippone très nombreuse. Mais c’est autour du chinois Yuda et de son jeune bras droit Kirin qu’est axée l’histoire de Dangkou. Ils gèrent un énorme empire de marchandise contrefaite soumis à d’importants risques, et la ruine ne va pas tarder à arriver. Entre les procès et les violentes rivalités de gangs, Yuda va finir par s’éclipser pendant que le fougueux Kirin se donne corps et âme pour sauver sans succès ce règne qu’il a plus ou moins hérité. Las de tous ces dangers, ils se retrouvent dans la forêt amazonienne en quête d’une nouvelle vie et d’une réponse à leurs tracas.

L’intrigue – un peu éparpillé durant une longueur excessive – oscille entre une forme de mysticisme visuel et une violence assez appuyée telle qu’on en voit dans les films de Johnny To. Les couleurs fluorescentes qui remplissent le ciel nous emmènent du côté des dessins animés tels que Dragon Ball Z. Bref, on a du mal à définir ce film, tellement les inspirations se croisent et se questionnent. De cette esthétique criarde rejaillit un élément cardinal de Dangkou qui est la ville. Justement, Plastic City comme le titre l’indique ; la stylisation visuelle est poussée à son paroxysme. De la misère ambiante ressort une ville qui paraît parfois sortie d’un jeux vidéo : sa réalité est plastifiée comme l’est la fausse marchandise qui fait la fortune de Yuda. Et pourtant, dès que l’échec se fait sentir, tous les meubles design du luxueux loft de Kirin se fracassent, donnant à voir leur essence éphémère. On va des favelas aux grands blocs de béton armés, de l’austérité de l’architecture de Niemeyer aux appartements japonisants… Ce décor, beau et terrifiant à la fois, est une sorte d’opium qui englue les personnages. Ces derniers sombreront avec lui, de même qu’ils renaîtront quand celui-ci aura plaqué les grands buildings pour une forêt purificatrice.

Oscar Duboy