28/08

Luxe, calme et volupté au Lido pour la présentation de ce documentaire sur le couturier star Valentino. L’ambition est contenue dans le titre : il serait donc le dernier des grands – ça tombe bien, Yves Saint-Laurent vient de mourir… L’Italien, lui, s’est contenté de prendre sa retraite au bout de 45 ans de carrière et compte bien profiter des hommages. Après les expositions, ce film vient compléter son portrait de manière moins anodine que l’on pourrait croire. Car après le travail qu’on lui connaît, vient la personnalité de Valentino, formidable acteur du film.

Nous le suivons pendant la préparation de ces derniers défilés, mais aussi dans des moments plus personnels : tout est rigoureusement backstage – pour autant que ce terme soit devenu galvaudé. Passons donc sur la partie clipesque propre à ces films toujours un peu publicitaires sur les bords, pour nous concentrer sur l’aspect plus économique de l’entreprise Valentino. La présence de son compagnon et gérant Giancarlo Giammetti y est pour beaucoup. C’est lui qui nous raconte les étapes du succès de la Maison jusqu’à la vente progressive du Valentino Fashion Group à Permira orchestrée par le jeune patron Matteo Marzotto. Voilà le méchant arriviste qui vient servir d’antagoniste dans le bonheur du couple Giammetti-Valentino. C’est probablement là le principal mérite de Valentino : The Last Emperor, document qui nous montre enfin ce qui n’est plus un mystère, mais qui demeure souvent caché et rarement assumé, à savoir ce qui se passe vraiment derrière ces empires, passés du domaine de l’artisanat à celui du boursier. Mais il n’y a pas assez de place pour deux : Valentino choisira de laisser son trône, incapable d’accepter cette industrialisation massive et avec elle la baisse de qualité. Il a vécu autre chose et n’a pas l’intention de s’adapter. Face caméra, le couturier ne cache ni sa vanité capricieuse ni son franc-parler, avec l'amusante désinvolture d’une ancienne star en paix avec elle-même. Le sultan aura tout le temps de se gargariser dans ses palais devant son portrait.

Oscar Duboy